Le blogging académique, entre art et science | L’Atelier des icônes

By André Gunthert | October 24, 2013

La micro-publication est un nouvel outil de la recherche. Et comme tous les nouveaux outils, elle bouscule le paysage existant. On peut adopter trois attitudes face à cette nouvelle donne. Soit l’ignorer, et continuer comme avant. Soit tenter de minimiser ces aspects dérangeants, pour les intégrer en douceur. On peut aussi essayer de mieux comprendre en quoi les nouveaux usages interrogent les pratiques existantes, et pourquoi ils soulignent leurs limites.

La dynamique de la conversation

Je voudrais examiner deux caractéristiques majeures des outils de micro-publication (j’inclus dans cette catégorie aussi bien les blogs, les wikis que l’usage des reseaux sociaux). La première est la dynamique de la conversation. A la différence des outils de publication classiques, qui visent la diffusion des résultats, la micro-publication se destine à la conversation. Comme un séminaire de recherche ou un colloque, elle propose à la discussion des observations ou des hypothèses qui attendent le complément d’une mise à l’épreuve publique.

Ce très vieux système existe depuis l’Antiquité, et a été utilisé par la théologie ou la philosophie pour mettre au point des notions plus robustes que celles proposées par des individus isolés. Il semble que l’expérience ait montré que ce système produisait de bons résultats, et c’est depuis que les pratiques savantes reposent pour une large part sur une science de la conversation (nous appelons cela d’une expression plus moderne: la sociologie des controverses).

La micro-publication ne vise pas à concurrencer la publication de résultats, comme ceux proposés par les revues peer-reviewed. Celui qui se sert de cet outil recherche la conversation, précisément parce que ce qui y est soumis est encore en cours de mise au point. La micro-publication ne se confond pas avec la publication, elle en est plutôt un stade préliminaire.

Mais si la micro-publication est un stade préliminaire, elle n’en révèle pas moins le fort besoin de mise en forme collective. Un besoin que l’espace académique semble avoir pris en compte, puisque nous disposons d’outils collectifs comme le séminaire de recherche ou le colloque.

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